16 mai 2018

  Enjeux de la filière des industries créatives en région AURA 

Regard d’Annabel André-Laurent, Vice-présidente de la région Auvergne-Rhône-Alpes déléguée à l'Économie et aux entreprises.

Annabel André-Laurent, vice-présidente de la région Auvergne-Rhône-Alpes déléguée à l'Économie et aux entreprises, partage la vision de la région sur la croissance de la filière Image et industries créatives. Avec l’ambition de devenir la Silicon Valley européenne, la région offre un soutien sans précédent à la filière. Création de formations, soutien de data center, développement à l’international... Les enjeux sont multiples pour assurer le devenir du numérique et garantir la compétitivité des entreprises. Les industries créatives savent aussi se réinventer !

   
Que représente la filière des Industries Créatives à l’échelle nationale et régionale ?

Les industries créatives créent un écosystème qui fait de notre territoire une région ultra innovante et l’une des 1res tech région d’Europe. Avec de grands leaders internationaux (Cegid, Ubisoft, Stmicroeletronics, etc.) et quelques 123 000 salariés dans le numérique, Auvergne-Rhône-Alpes se positionne comme 2e région française en matière d’offre de produits et services TIC (technologies de l'information et de la communication) avec un CA de 8,9 milliards d’Euros et une croissance forte de l’emploi.

   
Quels sont les enjeux et les axes clés de progression pour permettre à cette filière de rayonner encore plus efficacement ?

La formation a une importance majeure pour la filière. En Auvergne-Rhône-Alpes, le secteur des producteurs de TIC est en plein essor avec des perspectives de croissance de chiffre d’affaires pour 65 % des entreprises et de recrutement pour 72 % d’entre-elles (source observatoire de la filière numérique, avril 2016). Pour autant les entreprises font remonter des freins très concrets à leur développement, et notamment la difficulté de recruter de bons profils (entre 6000/8000 postes sont estimés actuellement en tension).

La création du campus du numérique est une réponse concrète à un besoin réel de notre territoire : des formations innovantes et évolutives qui assurent l’adéquation emplois-compétences pour nos entreprises. (cf article Image et industries créatives : les enjeux du recrutement)

L’offre de data center est un facteur de développement territorial fort. Elle augmente l’attractivité vis-à-vis des acteurs de la filière IT. Soutenir les data center s’inscrit ainsi pleinement dans la volonté de faire d’Auvergne-Rhône-Alpes la Silicon Valley européenne. Pilier du numérique, les données sont essentielles. Notre objectif : que les startups, entreprises et chercheurs aient accès à des données structurées, fiables et débarrassées des biais humains que l'intelligence artificielle pourrait reproduire.

Également dans nos objectifs de progression pour notre région, nous visons le développement à l’international (Auvergne-Rhône-Alpes au 17e rang européen des investissements numériques étranger), la R&D (pour consolider une innovation articulée sur le haut potentiel technologique de la région avec une démarche d’interclustering) et la transformation numérique de nos TPE/PME.

   
Quels sont aujourd’hui les dispositifs mis en œuvre pour le soutien de la filière ?

Notre stratégie économique est de devenir une région leader en Europe notamment dans le domaine industriel, nous misons donc sur l’innovation et cela passe forcément par le développement du numérique pour garantir la compétitivité des entreprises. Les points forts de notre action régionale sont nos groupes d’entreprises, pôles et clusters, qui savent valoriser les atouts de nos territoires d’exception.

Concernant CITIA par exemple, les subventions 2017 s’élevaient à :

  • 910 000 € d’aide à l’investissement pour l’installation des formations sur le site des Papeteries
  • 321 000 € au titre de la politique de développement économique, notamment en soutien à l’innovation et à la compétitivité des entreprises avec les conférences professionnelles du MIFA et le Forum Blanc.
  • 260 000 € au titre de la politique culturelle, pour le développement du Festival et du Marché international du film d’animation.
  • 20 000 € d’aide au projet de développement international.

Les aides de la région ont un effet levier sur l’emploi : les aides à la création de films permettent aux jeunes cinéastes comme aux entreprises du cinéma de développer leur activité et de créer de l’emploi (techniciens, comédiens, prestataires, producteurs en région) : ainsi les retombées économiques d’un long métrage sont évaluées en moyenne à 3 € pour 1 € d’aide de la Région.

     
Quelle est l’ambition de la région pour l’accompagnement de cette filière ?

Nous avons une vision globale des industries créatives et l’ambition de devenir la Silicon Valley européenne pour tirer parti de la révolution numérique comme levier pour le rayonnement économique et de l’emploi de notre territoire. Un projet ambitieux avec un investissement sans précédent (plus de 650 millions d’euros sur 4 ans) !

       
Et demain, à quoi ressemblera notre filière ? L’imagination et la fantaisie ont-elles encore une place dans le monde de l’IA ?

Aujourd’hui l’ère du numérique bouscule les industries créatives et culturelles. Cet outil va permettre l’émergence de nouveaux champions industriels mais aussi et surtout renforcer la puissance de ce que certains appellent la "vieille" économie. La startup nation est avant tout une entreprise nation qui apporte chiffre d’affaires et emplois.

L’avenir de la filière demain dépendra de notre capacité à réformer notre pays et notamment notre approche de l’économie et notre vision des entreprises. Les entreprises du numérique souffrent, comme toutes les entreprises françaises d’une fiscalité pénalisante, défavorable à leur croissance, mais aussi de normes, règlementations… trop lourdes et handicapantes dans un environnement de concurrence mondiale. Malgré notre écosystème, nos savoir-faire, nos pépites, si nous ne changeons pas de mentalité nous n’arriverons jamais à faire émerger un GAFA français.

L’imagination ? Au final, les industries créatives se réinventent et c’est une bonne nouvelle pour la créativité ! Nouveaux modèles économiques, nouveaux produits, nouveaux formats… L’innovation est en train de connaître un nouveau tournant, l’IA découle de l’homme, de son imagination, de son génie.

Région Auvergne-Rhône-Alpes

Commentaires